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Je me célèbre moi-même, me chante moi-même

Et mes vérités seront tes vérités,

Car tout atome qui m’appartient t’appartient aussi à toi.

Je paresse et invite mon âme,

Je me penche et paresse à mon aise . . . .
tout à la contemplation d’un brin d’herbe d’été.

Maisons et pièces regorgent de mille parfums . . . .
les étagères débordent de parfums,

J’en respire moi-même l’arôme, je le connais et je l’aime,

Cette quintessence pourrait m’enivrer à mon tour,
mais je saurai lui résister.

L’air n’est pas un parfum . . . .
il n’a pas goût de cette quintessence . . . .
il est inodore,

Il s’offre éternellement à ma bouche . . . .
j’en suis épris,



                                                                                                         Walt Whitman

Je veux aller sur le talus près du bois,
j’ôterai mon déguisement et me mettrai à nu,

Je brûle de sentir son contact.

La buée de mon propre souffle,

Échos, clapotis et murmures feutrés . . . .
racine d’amour, fil de soie, fourche et vigne,

Mon expiration et mon inspiration. . . . .
les battements de mon cœur . . . .
le passage du sang et de l’air dans mes poumons,

L’odeur des feuilles vertes et des feuilles sèches,
du rivage et des rochers sombres de la mer,
du foin dans la grange,

Le son des mots criés par ma voix . . . .
mots livrés aux tourbillons du vent,

Des baisers à la dérobade . . . .
quelques étreintes . . . . des bras qui enlacent,

Le jeu de la lumière et de l’ombre sur les arbres aux branches souples qui ondulent.


                                                                                                                    Walt Whitman

Nous ne sommes ni sur les gradins ni sur la scène,

mais dans la machine panoptique,

investis par ses effets de pouvoir que nous

reconduisons nous-mêmes, puisque nous en sommes un rouage.


                                                                                                                Michel Foucault

                                                                                                                                                                                                                                                             

La mémoire des hommes en tous cas gardera le souvenir de l'exposition, du pilori, de la torture et de la souffrance dûment constatés.

Et du côté de la justice qu'il impose, le supplice doit être éclatant, un peu comme son triomphe. L'excès même des violences exercées est une pièce de sa gloire.

De là sans doute, ces supplices qui se déroulent encore après la mort :

cadavres brûlés, cendres jetées au vent, corps trainés sur des claies, exposés au bord des routes.

La justice poursuit le corps au-delà de toute souffrance possible.



                                                                                                    L'éclat des supplices – Michel Foucault

Avec


Manuel Vallade, Bénédicte Cerutti, Diane Regneault, Jessica Buresi, Sébastien Peyrucq, Djilali Ammouche, Fabrice Hasovic, Nelle Faure, Cécilia Rychter, Sylvie Subra, Sylvie Causera, 

Jean Bechtoille, Janique et Jacky Ramin

Textes


Surveiller et punir

(L'éclat des supplices et Les corps dociles)

Michel Foucault


La chanson de moi-même

Walt Whitman

RÉMY  YADAN

Les Fumeurs Noirs / 1er volet


Les Fumeurs Noirs / premier volet

Théâtre de Vanves - salle Panopée

festival artdanthé

 

Le soldat est devenu quelque chose qui se fabrique ;

d'une p.te informe, d'un corps inapte, on a fait la machine dont on a besoin ; on a redress. peu . peu les postures ;


lentement une contrainte calcul.e parcourt chaque partie du corps, s'en rend ma.tre, plie

l'ensemble, le rend perp.tuellement disponible, et se prolonge, en silence, dans l'automatisme des habitudes ; bref, on a chassé le paysan et on lui a donné l'air du soldat.


On habitue les recrues à porter la tête droite et haute ; . se tenir droit sans courber le dos, à faire avancer le ventre, à faire saillir la poitrine, et rentrer le dos ; et afin qu'ils en contractent l'habitude, on leur donnera cette position en les appuyant contre une muraille, de manière que les talons, le gras de la jambe, les épaules et la taille y touchent, ainsi que le dos des mains, en tournant les bras au-dehors, sans les éloigner du corps …


On leur enseignera pareillement à ne jamais fixer les yeux à terre, mais à envisager hardiment ceux devant qui ils passent... Enfin, à marcher d'un pas ferme, le genou et le jarret tendus, la pointe basse et en dehors....




                                                                                        Les corps dociles – Michel Foucault