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Colloque ‘’La mort et le corps dans les arts aujourd’hui’’

Les représentations de la mort et du mort véhiculées par des créations contemporaines


Titre provisoire de la communication :

A l’article de l’amour : de la spectralité de l’artiste 


‘’Je regarde avec l’œil d’une image/les préposés au lynchage/j’observe mon propre massacre/avec le courage serein d’un savant’’

Pier Paolo Pasolini


‘’Il n'y a pas de disparus, mais des absents qui reviendront’’

La Mort dissoute, disparition et spectralité,

Alain Brossat /Jean-Louis Déotte


C’est à cette aune que tente de se mesurer l’ensemble de cette communication : mettre à nu la trame d’une imagerie de la mort dans les pratiques artistiques contemporaines en s’appuyant sur un choix d’œuvres où images et corps sont véritablement pensés sous l’angle de l’évanescence. La figure du spectre, apparition effrayante d’un mort ou cadavre redevenu vif, parcoure un ensemble de problématiques liées aux notions de déchéance, de décadence tendant vers une dématérialisation progressive du corps. Thanatos, sans oublier Eros, est alors mis à l’épreuve des nouvelles pratiques contemporaines, là où il s’agit de creuser encore plus profondément à l’intérieur même du corps, à l’intérieur de la sexualité. En effet, ce travail des matières, des textures, des surfaces corporelles donne à repenser avec force la notion de corps sans organes si chère à Antonin Artaud, ce supplicié du langage. 


Nous engagerons donc cette réflexion mettant en résonnance des textes critiques et esthétiques (Paul Ardenne, Mario Perniola, ouvrages de référence propres aux gender studies) avec les œuvres de deux artistes contemporains, Rémy Yadan et Alain Buffard, afin d’interroger cette incroyable métamorphose de la viande humaine en enveloppe diaphane fantomatique.

Ecce homo, (2002), vidéo de Rémy Yadan, se présente comme une messe profane de la chair où caméra et corps communient. Filmé en infrarouge, dans une backroom, des corps phosphorescents se touchent en un ballet sexuel et inquiétant. Ce sont les interstices de lumière qui font vivre les cellules de chair. Comme un spectre,  la malédiction du sexe circule dans les antres de cet espace mortifère. Une mécanique des corps est ainsi à l’œuvre dans ce gouffre du sexe où chacune de ses images sécrètent une pornographie du regard. (Specere, du latin qui signifie observer).

Comme le souligne Jean-Luc Godard dans son autobiographie JLG par JLG II, ‘’outre la résurrection des morts, l’image agissant miraculeusement est reliée par des métaphores médicales répétées, à la  notion de guérison ; si les scientifiques apprenaient à pratiquer ‘’un regard au scalpel’’ cinématographique, ils trouveraient un remède au sida, maladies aux racines éthiques ‘’le scientifique ne peut traduire les choses qu’il voit […] Le sida a à voir avec la culpabilité et la morale. ‘’


Entre sensualité et mort, au travers d’un dispositif scénique épuré oscillant entre danse et projections vidéo, Alain Buffard infuse les corps dans un jeu de silhouettes, de masses spectrales. Un Moi-Peau chorégraphique et vidéographique.  Les inconsolés, (2005), spectacle chorégraphique interprété par Alain Buffard accompagné de deux danseurs, où s’entremêlent des corps-chair et des corps-spectre dans la blancheur et la noirceur du linceul et de la mort, donne à voir un corps en perdition, en somme remémoré.


Nous tenterons en conséquence d’interroger, au regard de ces textes et de ces oeuvres, une véritable poïétique de l’art à l’épreuve de ces nouvelles représentations contemporaines du corps. En effet, il nous semble acceptable de considérer que ‘’ l’art ne nous met jamais en présence que de l’absence. Il s’adresse à quelque chose de lointain. Ce n’est pas l’invisible mais quelque chose qui s’est éloigné. […] L’art est une façon de faire le mort pour échapper au néant ?’’