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Rémy Yadan : Tout contre…

Huitième de soupir, Cité internationale des arts, 19

et 20 septembre 2008




Huitième de soupir, spectacle performatif de Rémy Yadan se tiendra à l’Auditorium

de la Cité internationale des arts, les 19 et 20 septembre 2008. Présenté pour la première

fois en juin 2008, ce spectacle tend à désamorcer les cadres de la représentation musicale

et théâtrale, la rigidité de l’espace scénique. Avec la participation de 12 comédiens,

chanteurs et musiciens, cette création se veut un élégant et contrasté détournement des

valeurs. Subtilement discursif et tenu, le spectacle se construit autour des désirs

désinhibés entre réappropriation du savoir-faire et virtuosité notable. Les scènes

développent de larges fibres musicales, dans l'immédiat et le différé, le désavoué et

l'assumé, la volupté et le bouleversé. Le tout oscillant dans l’étourdissement au solennel

des corps. 


Artiste plasticien et metteur en scène de 32 ans dont le parcours est marqué par

des débuts de comédien et des études aux Beaux-arts de Cergy, Rémy Yadan se frotte

toujours au plus près de l’épiderme et s’attache à cerner les méandres de l’humain. Dans

ses créations performatives ainsi que sa filmographie, le corps y est frénétique, parfois

suave et transgressé. Du sensuel au politique, il s’agit bien d’une traversée dans l’affect,

dans la fragilité corporelle et émotive. En sachant toucher aux bons endroits, se saisissant

des fibres sensibles, il est constamment dans une recherche et une expérimentation de la

sensualité jusqu’à l’adversité même. « Au-delà du contenu élégiaque et bouleversé de

l'ensemble de mes démarches, il y a d'un côté, un capital explosif spectaculaire (la mise

en scène) et de l'autre, un langoureux abord visuel (la vidéo).  Le lien est là, dans ce

rapport de force. »1 explique Rémy Yadan. 


Inscrite dans une mémoire intime délivrée en une confession, la vidéo Ecce Homo

(2002) se construit en une alchimie de mots et d’images. Filmée en infrarouge, des corps

à la chair phosphorescente se touchent dans un espace clos et indéterminé. L’errance

carcérale est saisie à l’article de l’amour 2; « Je redeviendrai l’enfant terrible que tu

aimais », paroles chantées par Alain Bashung mêlées à une composition sonore de John

Cage, scandent l’ensemble de la vidéo. Malgré la froideur et la mécanique des corps,

l’abandon, la perte d’amour résonnent dans cette exploration nocturne. Telle une saison

en enfer, la descente funeste se fige dans une sexualité clandestine et collective. Messe

profane de la chair, caméra et corps communient là où le spectre et la malédiction du

sexe se révèlent. Oscillant entre fascination et répulsion des dogmes, dès lors, l’essentiel

est de « convoquer les délices »3 selon Pierre Giquel. « Dans l'élaboration de mon travail

vidéo, il n'y a aucune fiction, aucune mise en scène, aucun décor, je prélève de véritables

moments, je ponctionne des tranches de vie réelle, je les poétise en immisçant dans ces

images volées, une précieuse subjectivité, un souffle, une cadence plastique, une trame

sonore ou musicale, une ambivalence qui oscille entre le documentaire, la vidéo artistique,

le clip et le cinéma. Concrètement, les individus filmés dans la vidéo Ecce homo ne sont

pas consentants. Il n'y a pas de direction d'acteur, il n'y a pas d'engagement de leur part,

il n'y a pas de fabrication situationnelle, la caméra capture dans les aléas du moment.

C'est une réalité ramassée puis composée. Une parfaite inversion au travail de mise en

scène. Le réel interprété et l'artifice envisagé…» précise-t-il. 



Filmée dans des paysages de bords de mer, la vidéo Heure sidérale (2006), présentée lors

de son exposition personnelle au Centre Recoleta à Buenos Aires, procède d’une liturgie

terrestre et céleste. Les images dérivent vers une érotique et une étrangeté où il est

impossible de délimiter les régions infernales et les régions paradisiaques. Deux jeunes

garçons à terre s’enlacent, s’empoignent dans une lutte et un jeu de l’être entre nudité et

supplication. Des rires d’enfants se font entendre, la pesanteur des corps se fait sentir.

Défiant le vide, l’un d’eux se dresse et se prosterne englué dans les sables et les roches.

Sonder les profondeurs de l’existence, voilà le point névralgique de cette cosmographie

humaine. Le corps devient lieu de toute expérience. Il se lie à l’idée du monde et

s’amplifie en des poches de résistance. 



Réveiller les nerfs, c’est ainsi que se façonne le travail de Rémy Yadan. « Il s'agit là

d'une envolée furieusement dégagée, où la minutie, la délicatesse et la mesure du travail

vidéo pourraient basculer dans une assurance outrancière, une énergie politique,

libidinale, sentimentale, performative et théâtrale. Dans le travail de mise en scène, le

protocole se renverse. Les recherches sont viscérales, collectives, impétueuses et

résolues. Le dispositif scénographique, l'écriture comportementale des comédiens, la

couleur émotionnelle du travail, la matière vivante de ces créations restent factices,

diamétralement inventés.»4

En octobre 2007, son adaptation performative de Suréna de Corneille est une 

exploration de notre sensibilité nerveuse. Tel un Lied sur le devoir amoureux et politique,

la virulence du texte se fige dans les extrêmes limites du corps agitant la gangrène sociale

et idéologique. Cette pièce sur le pouvoir, l’autorité, la mort, érige un rempart contre le

monde pour mieux s’y intégrer. Devenant une arme libératrice, jubilatoire et désespérée,

ces fragments et blocs de temporalité s’arrachent aux ténèbres en une masse de chair

suintante. La substance du texte s’enlise dans l’obscène ; une ligne humaine composée

par vingt comédiens oscille entre jeu d’enfant et peloton d’exécution. On y retrouve cet

insoutenable de Salo de Pier Paolo Pasolini, le goût, l’odeur de corps sidérés en

accusés/accusateurs des relations du plus fort au plus faible. 

Il s’agit d’exalter les désirs transgressifs, dépasser les codes dominants, attaquer et

atteindre la sensualité par l’art. 


                                                                                                Marianne Derrien


                                               

1 Entretien avec Rémy Yadan en mars 2008

2 paroles de la chanson d’Alain Bashung, L’irréel, bande son de la vidéo Ecce homo

3 Pierre Giquel, Take this waltz, texte sur la performance de Rémy Yadan création 2004 au Théâtre des Louvrais, 

  scène nationale de Cergy Pontoise, mars 2004

4 Entretien avec Rémy Yadan en mars 2008

5 Suréna, spectacle performatif, 20 comédiens, Théâtre club de Créteil, octobre 2007


Huitième de soupir

Spectacle performatif de Rémy Yadan

Vendredi 19 septembre à 20h30

Samedi 20 septembre à 20h30


Cité Internationale des Arts

Auditorium

18 rue de l'hôtel de ville

75004 Paris, Métro Pont Marie

Entrée : 10 euros


Avec

Juliette Grange, Gabriel Bestion de Camboulas, Diane Regneault, Sébastien Peyrucq, Jessica

Buresi, Sylvie Subra, Cécilia Rychter, Fabrice Hasovic, Thill Mantero, Djelali Hammouche,

Christophe Chêne, Judith Morand


                                                

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