REMY  YADAN

 

Rémy Yadan est artiste plasticien vidéaste, performeur et metteur en scène, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Cergy.

Il vit et travaille à Paris et à Térenez dans le Finistère nord. Ses images vidéos questionnent et reconsidèrent souvent les limites de l'œuvre documentaire sur différents terrains (politiques, religieux, historiques, culturels...). Son travail scénique, avec la participation de nombreux interprètes (acteurs, danseurs, musiciens, chanteurs ...) est au croisement de la performance et de la chorégraphie. Son regard se pose toujours sur l’humain et le sacré, dans leurs faces les plus baroques et les plus naturellement théâtrales.


Pensionnaire en arts plastiques en 2012 à la Villa Medicis, il y développe son travail d’images et de mises en scène dont Movimento parallelo (dans le grand salon de la Villa Médicis), Héraclès (au Palazzo Farnese, Ambassade de France en Italie), et Nihil obstat (au Teatro Valle Occupato) où il devient directeur artistique de Promessa, festival vidéo et chorégraphique. Il établit une collaboration entre la Villa Médicis et le Teatro Valle Occupato permettant d’y  programmer près de 25 artistes et d’initier la Villa Medici Occupata


En 2018, concue spécifiquement dans l’installation immersive de Clément Cogitore au BAL à Paris, Rémy Yadan réalise sa dernière cration À trois heures à droite, une performance chorégraphique pour 10 interprètes, investissant l’ensemble des salles d’exposition. Il finalise en 2017 un film à caractère documentaire de 70mn The Doom Toubadour, sur la lutte du sida à travers le témoignagne de Didier Lestrade. Il sera présenté au MK2 Beaubourg, Bruxelles, Toulouse ... En 2016, une exposition de ses vidéos et de ses dessins, Faire des mondes, était présentée au Wooyang Art Museum et au centre d’art de Daegu, en Corée du sud, avec le soutien de l’Institut français / commissariat de F.Docquiert & M.Derrien.

En octobre, le Musée national Picasso Paris a accueilli sa création, L’Atrabile, dans le cadre de la YIA # 7 ; un travail chorégraphique avec 16 danseurs et musiciens dont Henri Graetz, Eat Gas et Arielle Dombasle. Il collabore avec elle en 2015 sur l’opéra de Giuseppe Verdi, La Traviata, en qualité de chorégraphe-plasticien, présenté dans les châteaux de France dont la Cour d’Honneur des Invalides, le Château de Vincennes, le Château de Fontainebleau, le Château du Champ de Bataille, le Domaine Départemental de Sceaux, le Château de Haroué et la Cité de Carcassonne.

Il sera également rapporteur du jury pour la sélection des candidats en Art Vivant et Scénographie à l’Académie de France à Rome - Villa Médicis.


Par ailleurs, il enseigne à l’ISBA (Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon) et réalise fréquemment des workshops dans les Écoles Nationales Supérieures d’Art (ENSAD, ISBA, ENSAC ...). Dans le cadre du Festival Artdanthé 2014 et 2015 du Théâtre de Vanves, Rémy Yadan a été invité à présenter sa création Les Fumeurs Noirs (mêlant les textes de Michel Foucault et de Walt Whitman) après des résidences de recherche au Centre National de la Danse (CND) à Pantin et à la Ménagerie de Verre. Il a également été invité par Eternal Network à Tours à réaliser une création scénique Il est ici le bonheur, dans le cadre de la Nuit Européenne des Musées avec une exposition vidéo à Eternal Gallery intitulée Survivances.

Le Fonds National d'Art Contemporain fait l'acquisition en 2009 de Madres, (oeuvre vidéo sur les méres et les grand-mères de la Plaza de Mayo, grandes figures politiques et résistantes de la dictature argentine de 1976), réalisée lors de sa résidence à Buenos Aires (Lauréat  de la bourse Institut français / Mairie de Paris). Une exposition personnelle de l’ensemble de ses vidéos Hora sideral y sera présentée au Centre Culturel Recoleta.

Il obtient en 2008 une résidence d’un an à la Cité Internationale des Arts de Paris où il met en oeuvre 3 créations scéniques dont Huitième de soupir. un travail élaboré sur les hiérarchies protocolaires des représentations musicales. Ses vidéos sont projetées dans de nombreux festivals français et internationaux dont Paris (Coté Court) Bruxelles, Lisbonne, Lausanne, Turin, Madrid, Rome... Il a également réalisé deux films pour les chorégraphies d’Alain Buffard (Les Inconsolés, (Not) a love song), projetés à Vidéodanse au Centre Pompidou en 2008. 

De 2002 à 2012, il réalise Diaphoraccords, une émission mensuelle consacrée à l’art contemporain sur RCP 93.9FM. Il obtient la première mention du jury de Mulhouse 004. Son parcours est également jalonné de séminaires de psychanalyse.

C’est en 2012 qu’il crée sa structure associative TAMM COAT présidée par François Barré.









Les croisements, les métissages font de beaux enfants. Rémy Yadan, jeune artiste français né d’un père juif tunisien et d’une mère bretonne en témoigne avec éclat. Héritier de cultures différentes et se nourrissant de leur confluence, il va à la rencontre, à la recherche du miracle d’une première rencontre. Celle-ci sans cesse renouvelée doit pour s’accomplir unir des êtres, enchanter les esprits et les corps, armer une représentation, cheminer sur des voies nouvelles, expérimenter. Rémy Yadan sait ordonner le texte et l’espace, le jeu des corps en mouvement et leur alliance en un spectacle aux résonances multiples en appelant à la fois à la théâtralité, aux arts plastiques, à la vidéo, à la chorégraphie, à la musique et à la fusion de ces écritures en une totalité. Parfois seul et d’autres fois porté par un collectif d’acteurs, hors de la scène ou sur scène dans l’engrenage savant d’une « représentation », à la fois créateur de spectacle vivant et plasticien, il lui faut pour exercer pleinement ce vaste magistère, disposer d’un cadre de travail à la mesure de son étendue et de ses spécificités. Il lui faut donc une association ; c’est et ce sera Tamm Coat.

                                                                                                                                                                                                        François Barré




Qu’il pratique la vidéo, la photographie ou la mise en scène, Rémy Yadan n’aime rien d’autre qu’ entrer en volupté. Avec lui les medium n’ont de cesse de se frotter, de désoccuper leur tâche traditionnelle, convoquer des délices. La transe, qui nous éloigne du théâtre ou plutôt de la théâtralité, apprécie le comique. On ne s’étonnera donc pas d’entendre Isidore Ducasse préciser par la voix et le corps d’un jeune homme sa conception de l’humanité. Comme un chapitre parmi d’autres. Le comique, loin de toute bienséance, guide les monstres. Toujours vif, il sait féconder les chairs comme les tombes. Un spectacle qui n’est pas hanté est sans intérêt, Jean Genet nous aura convaincu.

Dans les propositions de Rémy Yadan, nous acceptons tous les séismes, les convulsions qui roulent dans le secret des corps, des âmes, des cris, nous acceptons les entrées fracassantes comme les chants indiscrets orchestrés par une voix, la Voix, celle des bords, celle de l’amant, sensuelle, juive. Le théâtre, ici, est une maison ouverte. Sur la danse, ce triomphe aux dents de lait. Sur le son, les mâchoires n’y sont pour rien. Sur les corps, tu claques comme dans la vérité de l’amour.  Sur l’homme, jeune, entre deux caresses.  Sur la dépouille, cette jubilation à voir tout s’effondrer, ce tellement de plaisir, de peur, d’éblouissement. D’incapacité, de manque où se faufile le rire, de parties jouées même quand je grimpe sur le lit de mes morts tant aimés , de mes vivants désinvoltes, de mes herbes prisées, de ma pensée.

                                                                                                                                                            

Pierre Giquel

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